Une école attaquée de toutes parts :
- snudifo60
- il y a 4 jours
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Depuis la mi-novembre, les communiqués et courriers de la FNEC FP-FO et du SNUDI-FO se succèdent, révélant une offensive coordonnée contre l’École publique, ses personnels et ses principes fondateurs. Militarisation rampante, précarisation maintenue, territorialisation aggravée, suppressions de postes et attaques contre le statut des remplaçants : la cohérence des projets gouvernementaux apparaît désormais avec une clarté inquiétante. Face à cela, Force Ouvrière n’a cessé d’intervenir, d’alerter et d’organiser la riposte.
Soutien à la Libre Pensée : défense de la liberté de recherche
La FNEC FP-FO apporte son soutien officiel à la Fédération Nationale de la Libre Pensée, victime d’actes de vandalisme après avoir permis la diffusion d’un colloque censuré portant sur la question palestinienne.
Ces attaques, revendiquées par des groupes d’extrême droite, s’inscrivent dans un climat inquiétant de pression idéologique et de remise en cause des libertés académiques. Le gouvernement lui-même contribue à ce climat en intervenant pour empêcher certains travaux de recherche dès lors qu’ils remettent en cause la ligne politique dominante.
La fédération rappelle que la liberté de recherche est un pilier fondamental de l’Université et qu’aucune intimidation ne fera taire celles et ceux qui défendent l’esprit critique et la liberté d’expression scientifique.
Recrutement des listes complémentaires : une détermination intacte
Le SNUDI-FO a été reçu au ministère aux côtés de représentants des candidats inscrits sur les listes complémentaires du concours de recrutement de professeurs des écoles.
La situation est alarmante :
Le nombre de candidats sur liste complémentaire a été divisé par trois par rapport à l’année précédente (357 candidats seulement).
Le ministère assume une réduction pour des raisons strictement budgétaires.
90 candidats restent en attente malgré l’existence de postes vacants, de démissions et de départs en retraite.
Dans certaines académies, des personnels contractuels ont été recrutés alors que des candidats sur liste complémentaire restent disponibles.
Le SNUDI-FO exige le recrutement immédiat de l’ensemble de ces candidats en tant que fonctionnaires d’État, ainsi que la transparence sur les décisions prises dans chaque académie. Des avancées ont déjà été obtenues dans certaines académies, prouvant que la mobilisation peut aboutir.
Fusion des remplaçants : refus catégorique
Dans le même temps, des projets de fusion des différents types de remplaçants (ZIL, brigades, brigades REP+, brigades formation, ASH, etc.) se multiplient dans plusieurs départements, notamment en Gironde, dans la Marne, dans l’Oise, dans le Rhône et en Indre-et-Loire.
Ces réorganisations, appuyées sur le décret du 9 mai 2017, entraîneraient :
La suppression des spécificités des fonctions de remplacement
Une dégradation majeure des conditions de travail
Une remise en cause directe de la formation des enseignants et des décharges en éducation prioritaire
Une désorganisation profonde de l’école publique
Face à cela, les personnels, accompagnés par le SNUDI-FO, s’organisent : réunions, rassemblements devant les DSDEN, préavis de grève, pétitions et demandes d’audiences.
Le syndicat revendique le maintien de la distinction entre tous les types de remplaçants et l’abrogation du décret du 9 mai 2017.
Académie d’Amiens : une mobilisation déjà engagée
Dans le prolongement des prises de position nationales, une Réunion d’Information Syndicale s’est tenue le 20 novembre dans l’académie d’Amiens. Réunis en visioconférence, 65 personnels remplaçants, adjoints et directeurs ont adopté à l’unanimité une motion contre la mise en place du logiciel ARIA+ et le projet de fusion des différents types de remplaçants (ZIL, brigades, modulateurs, brigades REP+).
Les collègues dénoncent notamment la disparition du service de proximité, la dégradation programmée de leurs conditions de travail, la perte d’expertise pédagogique et une remise en cause des cadres réglementaires existants. Ils affirment que le remplacement ne peut fonctionner sans stabilité ni ancrage local et se déclarent prêts à engager des actions collectives (intersyndicale, rassemblements, pétition, grève si nécessaire) pour faire reculer l’administration.
Recours gracieux pour le versement rétroactif de la prime REP/REP+ aux AESH et AED
La FNEC FP-FO a adressé un recours gracieux au ministre de l’Éducation nationale concernant les modalités de versement rétroactif de la prime REP/REP+ aux AESH et aux AED pour la période 2015–2022, à la suite des décisions du Conseil d’État du 16 juillet 2025.
Si le ministère reconnaît le principe de ce droit, il tente d’en restreindre la portée en invoquant une prescription quadriennale et en excluant le versement des intérêts légaux.
La FNEC FP-FO démontre que :
Les personnels étaient légitimement ignorants de l’existence de ce droit.
La prescription ne peut donc pas leur être opposée.
Les intérêts doivent être intégrés au montant du rappel.
Une indemnisation complémentaire est légitime, compte tenu de la précarité subie durant des années.
Ce recours constitue une étape essentielle dans la défense des droits des personnels les plus précaires de l’Éducation nationale.
Non à la guerre et à la propagande guerrière
Dans un communiqué particulièrement fort, la FNEC FP-FO dénonce la militarisation progressive de la société et de l’École.
Parmi les faits dénoncés figurent notamment :
L’appel à la préparation de la population à de futurs conflits
La possible réquisition d’écoles, de crèches et de logements
Le développement massif des « classes défense »
La multiplication des partenariats entre l’Éducation nationale et l’institution militaire
La volonté d’embrigader la jeunesse autour d’une idéologie de guerre
La FNEC FP-FO refuse que l’École devienne un outil de propagande et affirme que celle-ci doit rester un lieu d’instruction, d’émancipation et de paix.
Convention citoyenne sur les temps de l’enfant : rejet des propositions et défense de la semaine de 4 jours
Le rapport de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant comporte plusieurs propositions particulièrement inquiétantes :
Le passage à une semaine de 5 jours obligatoire
La généralisation de Projets Éducatifs de Territoire dits « de nouvelle génération »
Une ouverture accrue de l’école aux partenaires extérieurs
Une organisation locale des rythmes scolaires renforçant la territorialisation
La FNEC FP-FO et le SNUDI-FO rappellent leur opposition historique à ces orientations et réaffirment leurs revendications :
Une norme nationale claire : semaine de 4 jours sur 36 semaines
L’abandon des décrets Peillon, Hamon et Blanquer
Une stricte séparation entre temps scolaire et périscolaire
Le refus de toute forme d’ingérence locale dans l’organisation de l’École
Grâce aux mobilisations passées, 93 % des communes sont revenues à la semaine de 4 jours. Pour faire face aux nouvelles attaques, la FNEC FP-FO a déposé un préavis de grève courant jusqu’aux vacances d’hiver.






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